Mutualisation des heures de délégation : ce que cela implique vraiment
Depuis les ordonnances Macron de 2017, le Code du travail permet une certaine souplesse dans la gestion des heures de délégation. Les membres titulaires du CSE peuvent répartir entre eux, mais aussi avec les membres suppléants, le crédit d'heures de délégation dont ils disposent (article L.2315-9 du Code du travail). Ce mécanisme est désigné sous le terme de mutualisation des heures. Cette mutualisation apporte de la flexibilité aux représentants du personnel, mais elle soulève un ensemble de questions pratiques et juridiques qui ne sont pas toujours couvertes de manière explicite par le Code du travail. Ces zones d’ombre doivent donc être précisées par un accord d’entreprise ou au travers du règlement intérieur du CSE. Qui peut réellement mutualiser les heures de délégation ? Le Code du travail est clair sur un point : seuls les membres titulaires disposent par défaut d’un crédit d’heures. Ce sont donc eux qui peuvent engager une mutualisation. Mais que se passe-t-il pour les élus suppléants ? Par défaut, les suppléants ne disposent pas de crédit d’heures, sauf disposition conventionnelle contraire. Cependant, un titulaire peut transférer une partie de ses heures à un suppléant, dans le cadre de la mutualisation. Ce transfert est légal, mais il doit respecter certaines conditions : information écrite à l’employeur, délais de prévenance, et traçabilité des heures. Une question persiste alors : une fois qu’un suppléant a reçu des heures, peut-il à son tour les redistribuer à un autre élu ou suppléant ? Le…
